Cela c’est passé le 10 janvier 1907.

A Raquez

Il y a un siècle exactement, dans la nuit du 9 au 10 janvier 1907, un photographe bien connu des collectionneurs de cartes postales du Laos disparaissait. En effet Alfred Raquez fut retrouvé mort dans sa chambre du 109 Cours Lieutaud à Marseille au matin du 10 janvier 1907, ce fut un grand ami de l’Indochine et du Laos en particulier qui disparaissait.

 

Sa présence dans les territoires Indochinois fut signalé la premiére fois en 1898 , le 16juin par un télégramme confidentiel adressé à l’administrateur colonial en poste à Mytho. Ensuite il voyagea en Chine, et relata son périple dans un ouvrage intitulé " Au pays des Pagodes " publié à l’Imprimerie de la Presse Orientale rue du Consulat à Shanghai en 1900, cet ouvrage est préfacé par le Général Chinois Tchen Ki Tong en date du 15 novembre 1899. Dans ce livre qui raconte son voyage, qui débute le 1er septembre 1898 à HongKong, toutes les facettes de la vie quotidienne, des paysans aux rois sont décrites, Raquez, n’hésite pas à créer des polémiques, sa relation étant plubliée sous forme de feuilleton dans le journal français de Shanghai "l’Echo de Chine" du 12 juin au 6 novembre 1899. Cet ouvrage connu quatre éditions. En 1902, il fait paraitre "Pages Laotiennes", préfacé par le roi de Luang Phrabang SM Zakarine chez son ami F-H Schneider imprimeur éditeur à Hanoi. Ce récit nous conte le voyage qu’il fit dans le Haut Laos lors de la tournée du Colonel Tournier qui venait d’être nommé Résident Supérieur du Laos. Le 1er Décembre 1899, il s’embarqua à Yokohama pour rejoindre Tourane en passant par Macao et HongKong. Il rejoint le résident Supérieur le 20 janvier 1900 à Savannakhet nouveau centre administratif de la province de Song Khône. Il quitte le Laos le 05 aout 1900 pour poursuivre son voyage vers le Cambodge. Dans cette relation de voyage qui est toujours une référence pour qui s’intéresse au Laos, Raquez nous décrit avec force de détails ce pays qu’il appréciait tant son style d’écriture "décontracté" est parfois entrecoupé d’étude sérieuse sur la condition de la femme laotienne, ou sur la justice au Laos. Au cours de son séjour d’une dizaine d’année dans les territoires Indochinois, A. Raquez, fit 7 voyages au Laos, ce long périple n’était pas son premier passage dans ce pays. En novembre 1903, il publia un récit sur l’ Exposition de Hanoi sous le titre "Entrée gratuite" sous sa plume alerte, tantôt "guogenarde", tantôt "acide", il nous promène allégrement dans les stands de cet important événement pour les colonies de l’époque. Ce livre fut publié en deux tirages, un tirage normal pour le public, et un tirage luxueux et trés limité destiné aux hautes autorités.

Raquez, n’était pas seulement un voyageur, il fréquentait les personalités de l’époque, ses relations amicales avec l’éditeur F-H Schneider, lui ont sans doute ouvert bien des portes dans la haute sociétée de l’époque. Il était journaliste dans la presse coloniale et dans la presse métropolitaine. Aussi en 1904, le gouverneur Général de l’Indochine voulant ressuciter une trés ancienne revue (les Excursions et Reconnaissançes) qui avait été remise au gout du jour sous le nom de "la revue Indochinoise" confia le poste de rédacteur en chef à Alfred Raquez. Sous sa direction la Revue Indochinoise retrouva de son intérêt, il y écrivit dans presque toutes les parutions.

On pouvait joindre Alfred Raquez au 53 Boulevard Gialong à Hanoï , sans doute son adresse.

Nommé Délégué du Laos pour la future Exposition Coloniale qui devait se tenir à Marseille en 1906 par le gouverneur Génèral de l’Idochine en 1904, il est chargé de réunir les collections de tous genres qui représenteront le protectorat à l’Exposition Coloniale de Marseille. C’est l’occasion d’un nouveau et sans doute dernier voyage à travers le Laos Ces collections se détaillent ainsi: a) 3.000 clichés environ, dont 500 se rapportant à l’ethnographie et à l’anthropologie. b) Un questionnaire ethnographique établi d’accord avec l’Ecole Française d’Extrême-Orient — ce pour 51 tribus. c) Le vocabulaire de 51 tribus. d) 298 mensurations avec photographies des mensurés. e) Une série de silex et de bronzes trouvés au cours de fouilles pratiquées aux environs de Luang-Prabang et dans la haute région du Laos. f) Environ 500 types d’étoffes (soieries et cotonnades) des régions du Bus, Moyen et Haut-Laos; une série d’armes (Fusils, lances, boucliers, carquois, flèches); une collection d’instruments de musique; une collection d’instruments aratoires; une collection de boucles d’oreilles, bracelets, colliers et ornements de chevelure, de o may bac (écriture sur sur bois), de manuscrits, etc. et les costumes de 50 tribus, dont 25 sont représentés par des mannequins à l’Exposition de Marseille (section d’ Ethnographie du Laos ).

 

Stand du Laos

En 1906, il fut nommé correspondant de l’Ecole Française d’Extréme Orient, et on le retrouve au 13éme congrés d’Ethnologie qui se tient à Monaco en avril 1906, en compagnie de Louis Finot. Il y fait une communication intitulée " Le Laos, silex et bronzes, Anthropologie et Ethnographie" sous l’idendité d’ Alfred Raquez, Explorateur, Directeur de la Revue Indochinoise.

Exposition Coloniale de Paris 1906. Le stand des Cartes Postales Laotiennes.

A cette même période, Alfred Raquez présentait une collection de cartes postales tirées de son fond photographique, à la petite Exposition qui se tenait au Grand Palais à Paris en même temps que l’Exposition Coloniale de Marseille. (c’est cette collection que nous rêvons tous d’avoir complête qui est composée de 150 clichés, répartie en 6 série de 25 cartes.) C’est sans doute pour ces clichés que M. A Raquez reçu une médaille d’or. Ces clichés furent réédités dans les années 1920 par la maison Decoly et les éditions de la Pagode. Il fit paraître un écrit "La dance et le chant au Laos" Editeur:Exposition Coloniale de Marseille (1906) certainement sa dernière publication.

La section Laotienne à l'Exposition Coloniale de Marseille, le personnel.

Raquez, bon vivant, agréable compagnon, amateur de jolies femmes , bien installé à Hanoi, reconnu professionellement, n’a pas le profil d’un suicidaire comme le laisse présumer A Brébion dans son dictionnaire de bio-bibliographie générale ancienne et moderne de l’Indochine Française.

La plus gracieuse des Ballerines Laotiennes.

si empoisonnement il y eut, il est fort probable que ce soit le fait d’une vengeance, amoureuse, fort probable, le poison au Laos est encore de nos jour un moyen pratique pour se débarasser d’un géneur !! Sans doute est il tout simplement mort de maladie. Quand "aux impérieux motifs" qui l’ont conduit à changer d’idendité, cela reste un mystère car pour quelqu’un qui voulait l’anonymat il avait choisit la mauvaise méthode c’est à ma connaissance le photographe de l’époque qui a été le plus photographié, de nombreuses cartes postales le représentent, et à l’époque de l’age d’or de ce moyen de communication ce n’était pas ce qu’il avait de mieux à faire.

 

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